LE MOTU PROPRIO ET NOUS.
ce qui va changer :


Benoit XVI vient de publier deux textes : le motu proprio summorum pontificum et réponse à des questions concernant certains aspects de la doctrine de l'Eglise. Ces deux textes se réfèrent à Vatican 2 et l'interprètent comme l'éclaircissement et l'approfondissement de ce que l'Eglise vivait et continue de vivre. C'est la forte conviction de Benoit XVI : il faut interpréter Vatican 2 non comme en terme de rupture mais de continuité par rapport à ce qui a précédé.

Benoît écrit aux évêques:
" Il faut dire avant tout que le missel publié par Paul VI et réédité ensuite à 2 reprises par Jean-Paul II est et demeure évidemment la Forme normale (Forma ordinaria) de la liturgie eucharistique."
" la meilleure garantie pour que le missel de Paul VI puisse unir les communautés paroissiales et être aimé de leur part est de célébrer avec beaucoup de révérence et en conformité avec les prescriptions; ce qui rend visible la richesse spirituelle et la profondeur théologique de ce missel".
Le but du motu proprio est l'unité de l'Eglise, le pape veut que " tous ceux qui désirent réellement l'unité aient la possibilité de rester dans cette unité ou de la retrouver à nouveau". ... "évidemment les prêtres des communautés qui adhèrent à l'usage ancien ne peuvent pas non plus , par principe, exclure la célébration selon les nouveaux livres."

Le pape donne aux prêtres séparés de l'église catholique, du fait du schisme provoqué par Mgr Lefebvre, la possibilité de célébrer selon l'ancien missel : celui de Jean XXIII (et non pas, à ma connaissance, celui de Pie V qui voulut mettre en oeuvre les décisions du concile de Trente) afin de réintégrer l'Eglise catholique (ce que beaucoup refusent d'ailleurs).
Il autorise les fidèles faisant partie d'un groupe constitué et formé à la liturgie, de demander une célébration selon l'ancien rite.

Chez nous, ce qui va changer : rien.
Il n'y a pas chez nous de prêtre traditionaliste rattaché à ceux qui ont suivi Mgr Lefebvre dans le schisme.
Il n'y a pas de groupe constitué se réclamant de cette mouvance.
Il n'y a pas chez nous de personne formée à la liturgie et demandant de célébrer selon l'ancien rite.
Il n'y a donc aucune raison de revenir en arrière.
Pourquoi d'ailleurs "un repli frileux sur le ritualisme alors que I'Eglise est revenue à une célébration du Christ vivant"?( Martine Mertzweiller, théologienne de Lyon) (Mgr Luca Brandolini Evêque de Sora-Aquino Pontecorso, membre de la commission liturgique d'Italie a déclaré un jour de deuil dans l'Eglise)

Vivons donc le concile Vatican 2 dans toutes ses richesses et appliquons nous, comme le fait d'aîlleurs le Pape Benoît, à célébrer les mystères du Seigneur dans notre langue en nous efforçant de les vivre vraiment ensuite.
Michel Santier originaire du diocèse et évêque de Luçon écrit: " que nos liturgies soient belles, priantes, recueilles et qu'elles donnent le goût de Dieu".

Je considère que l'Eglise doit d'abord se faire proche de ceux dont elle est loin et apporter, à ceux qui cherchent, une parole d'espérance et de confiance en l'avenir.

Joseph Ratzinger avait dit à l'Abbaye traditionaliste de Fontgombault: " il me semble clair que, dans le droit, le missel de Paul VI est le missel en vigueur".
Devenu Pape il ne dit pas l'inverse !

L'urgence, aujourd'hui comme hier, n'est pas à une querelle de chapelle, mais à l'annonce de la Bonne Nouvelle... peut-elle se faire dans une langue morte que personne ou presque ne comprend ?


Louis Huet
Juillet 2007